Traitement de la néphropathie à IgA : Un regard sur les médicaments d'aujourd'hui et les percées de demain
Les principaux chercheurs et experts en maladies rénales rares cherchent d'abord à comprendre les causes de la maladie et sa progression avant de trouver comment cibler les déclencheurs de la maladie avec de nouvelles thérapies. Des recherches approfondies ont été menées pour comprendre le processus de développement de la néphropathie à IgA (IgAN), une maladie chronique, rare et progressive. Ces découvertes continuent de stimuler la création de nouveaux traitements.
Quelles sont les causes de l'IgAN ?
Pour comprendre les causes de l'IgAN, il faut comprendre le fonctionnement des reins. Le sang circule dans tout l'organisme et arrive dans les reins, où les déchets sont filtrés du sang et transformés en urine pour être éliminés.
L'IgAN se déclenche lorsque l'organisme d'une personne produit une sorte de protéine que le système immunitaire considère comme problématique et l'attaque par erreur. Le système immunitaire crée l'IgA1, un type d'anticorps, qui se déplace dans le sang à la recherche de la protéine. Lorsqu'il la trouve, il se lie à la protéine qu'il a prise pour une ennemie, ce qui provoque son agglutination. Ces amas sont piégés dans les filtres des reins, appelés glomérules. Il en résulte un gonflement et une inflammation qui endommagent les filtres. Avec le temps, ces dommages peuvent s'aggraver et avoir un impact sur la fonction rénale.
Comment traiter l'IgAN ?
Le traitement de l'IgAN est compliqué en raison des nombreux systèmes de l'organisme qui sont touchés. Par exemple, la réaction excessive du système immunitaire et la production d'anticorps nocifs provoquent non seulement la formation d'amas, mais aussi une inflammation qui peut encore affecter le fonctionnement des reins. Le traitement peut donc se concentrer sur les immunosuppresseurs, qui agissent sur le système immunitaire, ou inclure des traitements qui ciblent le système du complément, la source de l'inflammation.
Le choix du traitement de l'IgAN doit être spécifique à chaque individu, le médecin décidant de l'approche ou de la combinaison d'approches la plus adaptée à chaque patient.
Il est encore difficile pour les médecins d'identifier les patients atteints d'IgAN qui sont les plus susceptibles d'évoluer, car il n'y a pas de signe ou d'élément spécifique qui augmente avec l'activité de la maladie. Les médecins doivent donc recourir à des analyses cliniques de sang et d'urine pour détecter les signes de dommages ou de maladie, tels que la quantité de protéines (protéinurie) ou de sang persistant (hématurie) dans l'urine, ou la quantité de déchets dans le sang (niveaux élevés de DFGe).
La néphropathie à IgA étant une maladie rénale qui peut s'aggraver avec le temps, les médecins utilisent différents médicaments pour protéger les reins et ralentir la maladie. Voici un guide simple des principaux traitements :
Nouvelles thérapies en développement
De nouvelles recherches sur différents types de thérapies sont en cours. Des options de traitement spécifiques à la maladie sont étudiées, en explorant la source des voies pathologiques et en trouvant des moyens d'agir sur ces voies pour arrêter la progression de la maladie.
La néphropathie à IgA étant une maladie auto-immune et les lésions rénales étant dues à la production d'auto-anticorps, certaines nouvelles thérapies cherchent à stopper la production de ces auto-anticorps ou à les empêcher de déclencher des réponses inflammatoires qui entraînent une progression et une aggravation des lésions.
L'élimination de certaines cellules qui fabriquent des protéines nocives et des auto-anticorps au fil du temps devrait entraîner moins de réactions immunitaires nocives, ce qui contribuera à protéger les reins et à leur permettre de mieux fonctionner plus longtemps.
Les recommandations pour les personnes atteintes de néphropathie à IgA commencent par des habitudes saines, telles que l'arrêt du tabac, la réduction de la consommation de sel et de protéines, le maintien d'un poids sain et la pratique d'une activité physique.
Il est également important de contrôler la tension artérielle et de réduire la quantité de protéines dans les urines à l'aide d'inhibiteurs du SRAA. La première étape du traitement de la plupart des personnes atteintes de néphropathie à IgA consiste à suivre ce plan de soins de soutien pendant au moins trois mois. Ce compte à rebours de trois mois commence dès que la tension artérielle de la personne est au bon niveau. Si une immunothérapie est envisagée, elle sera administrée après 3 mois, pendant 6 à 9 mois.
L'IgAN est une maladie de longue durée qui peut aller et venir, c'est pourquoi les médecins doivent continuer à la surveiller même après le début du traitement. Certains médicaments puissants (comme les stéroïdes ou d'autres médicaments spéciaux) peuvent aider pendant un certain temps, mais leurs effets s'estompent souvent après leur arrêt. C'est pourquoi certaines personnes peuvent avoir besoin de plus d'une série de traitements ou rester plus longtemps sous traitement pour garder la maladie sous contrôle.
Les médecins ont étudié de nombreux signes pour déterminer quels patients pourraient voir leur état s'aggraver avec le temps. Un signe important est la quantité de protéines dans les urines au début de la maladie. Si la quantité est faible (moins d'un gramme par jour), la maladie s'aggrave généralement lentement. Mais s'il y a beaucoup de protéines (plus de 3 à 3,5 grammes par jour), la maladie peut s'aggraver plus rapidement.
Si la quantité de protéines dans l'urine diminue, les reins se portent généralement mieux.
C'est pourquoi il est très important d'essayer de réduire le taux de protéines dans l'urine à moins de 1 gramme par jour.
Conclusion
Le plus grand défi dans le traitement de la néphropathie à IgA est de déterminer le degré d'activité de la maladie, l'étendue des dommages déjà causés et la probabilité d'aggravation de la fonction rénale. Ensuite, le traitement doit être choisi en fonction des besoins de chaque patient. Les scientifiques étudient encore des traitements spéciaux pour cette maladie, et les premiers résultats sont encourageants.
Source : Karoui KE, Fernando FC, De Vriese AS. Treatment of IgA Nephropathy : A Rapidly Evolving Field, J Am Soc Nephrol 2023 ; 35(1):103-116.
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